đ Transparence salariale : ce que prĂ©voit le projet de loi prĂ©sentĂ© en Conseil des ministres
PrĂ©sentĂ© le 10 septembre en Conseil des ministres, le projet de loi sur la transparence salariale Ă©volue peu par rapport Ă la version transmise aux partenaires sociaux le 4 juin. Le texte conserve lâessentiel de son architecture, tout en apportant quelques prĂ©cisions sur les droits des salariĂ©s, le traitement des Ă©carts de rĂ©munĂ©ration et les obligations pesant sur les entreprises.
đ Un droit nouveau pour les salariĂ©s
Dans cette version, lâarticle place au premier plan les dispositions relatives au droit individuel des salariĂ©s Ă mieux situer leur rĂ©munĂ©ration. ConformĂ©ment Ă la directive europĂ©enne, ils pourront demander Ă leur employeur des informations sur leur niveau de rĂ©munĂ©ration ainsi que sur la rĂ©munĂ©ration moyenne des salariĂ©s relevant de la mĂȘme catĂ©gorie professionnelle, ventilĂ©e par sexe.
Le projet de loi prĂ©voit un dĂ©lai maximal de 2 mois pour rĂ©pondre Ă une demande. La prĂ©cĂ©dente version renvoyait cette question Ă un dĂ©cret. Les modalitĂ©s de calcul et de transmission des donnĂ©es seront, en revanche, toujours prĂ©cisĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
Le ministre a Ă©galement prĂ©cisĂ© que les informations communiquĂ©es ne permettront pas de connaĂźtre directement le salaire dâune personne donnĂ©e. Un seuil minimal dâeffectifs doit en effet permettre de prĂ©server la confidentialitĂ©. «âAu moins 10 personnes dans ces catĂ©goriesâ», a indiquĂ© Jean-Pierre Farandou sans que ce seuil ne soit prĂ©cisĂ© dans le projet de loi.
Lâemployeur devra par ailleurs informer chaque annĂ©e les salariĂ©s de lâexistence de ce droit. Le non-respect de cette obligation pourra ĂȘtre sanctionnĂ© par une amende allant jusquâĂ 450ââŹ.
đ Sept indicateurs pour remplacer les indicateurs PĂ©nicaud
Le projet confirme Ă©galement la crĂ©ation de nouveaux indicateurs destinĂ©s Ă mesurer les Ă©carts de rĂ©munĂ©ration entre les femmes et les hommes. «âSept indicateurs voulus par la directive [âŠ] se substitueront aux indicateurs PĂ©nicaudâ», a indiquĂ© le ministre. Six de ces indicateurs pourront ĂȘtre automatisĂ©s, tandis que le septiĂšme devra ĂȘtre calculĂ© entreprise par entreprise.
Les modalitĂ©s de calcul et les Ă©lĂ©ments de rĂ©munĂ©ration pris en compte seront dĂ©terminĂ©s par dĂ©cret. Lâun des nouveaux indicateurs portera sur les Ă©carts de rĂ©munĂ©ration entre les femmes et les hommes dans les catĂ©gories regroupant des salariĂ©s accomplissant un travail Ă©gal ou de valeur Ă©gale. Il sera dĂ©clarĂ© tous les 3 ans dans les entreprises 50 Ă 249 salariĂ©s et tous les ans Ă partir de 250 salariĂ©s.
Jean-Pierre Farandou a insistĂ© sur la volontĂ© du gouvernement de tenir compte de la situation des petites entreprises : «âOn a eu aussi le souci dâallĂ©ger la charge des petites entreprisesâ». Il a ainci dĂ©fendu le choix dâun dispositif applicable Ă partir de 50 salariĂ©s, tout en prĂ©voyant une frĂ©quence de dĂ©claration plus espacĂ©e pour les plus petites structures.
đ Le «âtravail de valeur Ă©galeâ» davantage encadrĂ©
Le projet de loi prĂ©cise la notion de «âtravail de valeur Ă©galeâ». Outre les compĂ©tences professionnelles mentionnĂ©es dans la prĂ©cĂ©dente version (les compĂ©tences non techniques, les responsabilitĂ©s exercĂ©es, les conditions de travail ainsi que la charge physique ou nerveuse associĂ©e au poste), le projet de loi y ajoute la notion de «âcompĂ©tences techniquesâ».
Les catĂ©gories concernĂ©es devront ĂȘtre dĂ©finies par accord dâentreprise ou, Ă dĂ©faut, par accord de branche. En lâabsence dâaccord, lâemployeur pourra procĂ©der Ă cette classification par dĂ©cision unilatĂ©rale aprĂšs consultation du CSE, pour une durĂ©e maximale de 3 ans.
Le ministre a toutefois voulu Ă©carter le risque dâune harmonisation des rĂ©munĂ©rations. «âCe nâest pas une pente vers une uniformisation des salairesâ», a-t-il assurĂ©. Il voit au contraire dans le dispositif «âun axe managĂ©rial importantâ».
Les branches auront 6 mois aprÚs la promulgation de la loi pour engager les négociations nécessaires.
đ Des mesures correctrices en cas dâĂ©carts injustifiĂ©s
Lorsque les Ă©carts de rĂ©munĂ©ration ne pourront pas ĂȘtre justifiĂ©s par des critĂšres objectifs indĂ©pendants du sexe, lâemployeur devra mettre en Ćuvre des mesures correctrices. Celles-ci passeront par une nĂ©gociation collective ou, Ă dĂ©faut dâaccord, par un plan dâaction Ă©laborĂ© aprĂšs consultation du CSE.
Dans les entreprises dâau moins 100 salariĂ©s, si au moins un Ă©cart persiste, une nouvelle nĂ©gociation devra ĂȘtre engagĂ©e. Elle devra alors sâappuyer sur un «ârapport dâĂ©valuation conjointeâ» , non mentionnĂ© dans la prĂ©cĂ©dente version, recensant et analysant les raisons des Ă©carts de rĂ©munĂ©ration et de situation entre les femmes et les hommes. Un dĂ©cret prĂ©cisera notamment le calendrier et le contenu de cette procĂ©dure.
Sauf stipulations prĂ©voyant une durĂ©e infĂ©rieure, lâaccord collectif aura une durĂ©e de validitĂ© de 3 ans dans les entreprises dâau moins 250 salariĂ©s.
Il sera dĂ©posĂ© auprĂšs de lâautoritĂ© administrative, laquelle pourra prĂ©senter des observations sur le contenu de lâaccord, ou Ă dĂ©faut, du plan dâaction. «âElle envoie simultanĂ©ment copie de ses observations au CSE et aux organisations syndicales reprĂ©sentatives dans lâentrepriseâ».
Un décret déterminera par ailleurs les modalités de calcul des effectifs à prendre en compte.
Ă noter : Ă partir de 100 salariĂ©s, le rĂŽle du CSE sera renforcĂ©. Celui-ci devra ĂȘtre informĂ© et consultĂ© sur les donnĂ©es utilisĂ©es, les modalitĂ©s de calcul et les rĂ©sultats des indicateurs. Son avis devra ensuite ĂȘtre transmis Ă lâadministration.
đ Une charge de la preuve plus favorable aux salariĂ©s
Le texte renforce Ă©galement les rĂšgles de preuve en matiĂšre de discrimination. Lorsquâun manquement aux nouvelles obligations de transparence sera dĂ©montrĂ©, le salariĂ© ou le candidat nâaura plus Ă prĂ©senter les Ă©lĂ©ments laissant prĂ©sumer lâexistence dâune discrimination, sauf lorsque le manquement est manifestement non intentionnel et mineur.
đ Davantage de transparence dĂšs lâembauche
Comme dans la version prĂ©cĂ©dente, les nouvelles rĂšgles sâappliqueront Ă©galement dĂšs le recrutement. Les employeurs ne pourront plus demander aux candidats des informations sur leur historique de rĂ©munĂ©ration. Les offres dâemploi devront mentionner une estimation du salaire proposĂ© ainsi que les dispositions conventionnelles applicables. Ă dĂ©faut dâoffre formalisĂ©e, ces informations devront ĂȘtre communiquĂ©es par Ă©crit avant ou pendant lâentretien.
Le projet de loi interdit Ă©galement toute clause empĂȘchant un salariĂ© de communiquer des informations relatives Ă sa rĂ©munĂ©ration.
đ JusquâĂ 2â% de la masse salariale en cas de rĂ©cidive
Le projet de loi confirme les sanctions administratives en cas de manquement aux obligations dĂ©claratives. Lâamende pourra atteindre 1â% de la masse salariale. En cas de rĂ©cidive dans les cinq ans, elle pourra ĂȘtre portĂ©e Ă 2â%.
đ Une entrĂ©e en vigueur progressive
Le gouvernement prĂ©voit une application Ă©chelonnĂ©e du dispositif. Les principales dispositions entreront en vigueur Ă une date fixĂ©e par dĂ©cret et au plus tard dans lâannĂ©e suivant la promulgation de la loi.
Certaines obligations bĂ©nĂ©ficieront toutefois de dĂ©lais supplĂ©mentaires. La dĂ©claration du nouvel indicateur relatif aux Ă©carts de rĂ©munĂ©ration entre salariĂ©s exerçant un travail de valeur Ă©gale pourra ainsi ĂȘtre reportĂ©e jusquâĂ 3 ans pour les entreprises de 100 Ă 149 salariĂ©s et jusquâĂ 6 ans pour celles de 50 Ă 99 salariĂ©s.
Jean-Pierre Farandou a Ă©galement insistĂ© sur le temps laissĂ© aux entreprises pour se prĂ©parer : «âOn aura un an pour prĂ©parer lâĂ©volution dans les entreprises une fois la loi votĂ©eâ».
Le calendrier parlementaire reste toutefois Ă prĂ©ciser. Le gouvernement entend transmettre le texte au SĂ©nat «âdâici la fin de lâannĂ©eâ», avant un examen Ă lâAssemblĂ©e nationale en dĂ©but dâannĂ©e prochaine. Lâobjectif affichĂ© par le ministre est dâaller au bout de la procĂ©dure «âavant la fin de ce mandatâ», sous rĂ©serve que le calendrier parlementaire le permette.
Enfin, Jean-Pierre Farandou a indiquĂ© que le gouvernement entend poursuivre la concertation sur les textes dâapplication : «âOn reprendra du dialogue social dans les dĂ©crets pour les ciseler pour la bonne applicationâ».
đ©đ»âđ» Postures sĂ©dentaires au travail : quels risques et comment agir ?
đą LâINRS a publiĂ© des conseils sur les postures assises prolongĂ©es, associĂ©es Ă une trĂšs faible dĂ©pense Ă©nergĂ©tique.
Pour agir, les entreprises doivent dâabord identifier les situations exposant les salariĂ©s Ă partir de deux critĂšres conjoints :
đ une posture assise (ou allongĂ©e) maintenue dans le temps ;
đȘ« une trĂšs faible dĂ©pense Ă©nergĂ©tique.
Les priorités de prévention sont doubles :
âžïž interrompre les postures sĂ©dentaires, idĂ©alement toutes les 30 minutes ;
đ§ limiter leur durĂ©e cumulĂ©e quotidienne, idĂ©alement Ă moins de 5 heures par jour.
Il sâagit alors de favoriser lâalternance des postures et dâinduire du mouvement au cours de la journĂ©e de travail. Il nâexiste pas de posture idĂ©ale : la variation est la clĂ© de la prĂ©vention.
đĄ Postures sĂ©dentaires au travail : quels leviers dâaction ?
Plusieurs leviers peuvent ĂȘtre mobilisĂ©s en matiĂšre de prĂ©vention.
Organisation du travail
Alterner les tĂąches pour varier les postures.
Permettre des pauses actives réguliÚres.
Aménagement des espaces de travail
Concevoir des salles de rĂ©union favorisant lâalternance assis/debout.
Ăloigner certains Ă©quipements (imprimantes, photocopieurs) des postes de travail.
Aménager des espaces de convivialité au mobilier adapté.
Aménagement des postes de travail
Installer des bureaux Ă hauteur variable.
Proposer des Ă©quipements permettant dâajouter une activitĂ© physique lĂ©gĂšre.
Information et formation
Sensibiliser dirigeants, préventeurs et salariés.
Inciter à interrompre réguliÚrement les périodes prolongées en posture assise.
Merci et bonne lecture
