🚹 Actu juridique RH du 16 septembre 2026

Nous vous présentons les nouveautés juridiques et RH de cette semaine.

Actu RH
4 min ⋅ 16/09/2026

🔎 Transparence salariale : ce que prĂ©voit le projet de loi prĂ©sentĂ© en Conseil des ministres

PrĂ©sentĂ© le 10 septembre en Conseil des ministres, le projet de loi sur la transparence salariale Ă©volue peu par rapport Ă  la version transmise aux partenaires sociaux le 4 juin. Le texte conserve l’essentiel de son architecture, tout en apportant quelques prĂ©cisions sur les droits des salariĂ©s, le traitement des Ă©carts de rĂ©munĂ©ration et les obligations pesant sur les entreprises.

📌 Un droit nouveau pour les salariĂ©s

Dans cette version, l’article place au premier plan les dispositions relatives au droit individuel des salariĂ©s Ă  mieux situer leur rĂ©munĂ©ration. ConformĂ©ment Ă  la directive europĂ©enne, ils pourront demander Ă  leur employeur des informations sur leur niveau de rĂ©munĂ©ration ainsi que sur la rĂ©munĂ©ration moyenne des salariĂ©s relevant de la mĂȘme catĂ©gorie professionnelle, ventilĂ©e par sexe.

Le projet de loi prĂ©voit un dĂ©lai maximal de 2 mois pour rĂ©pondre Ă  une demande. La prĂ©cĂ©dente version renvoyait cette question Ă  un dĂ©cret. Les modalitĂ©s de calcul et de transmission des donnĂ©es seront, en revanche, toujours prĂ©cisĂ©es par dĂ©cret en Conseil d’État.

Le ministre a Ă©galement prĂ©cisĂ© que les informations communiquĂ©es ne permettront pas de connaĂźtre directement le salaire d’une personne donnĂ©e. Un seuil minimal d’effectifs doit en effet permettre de prĂ©server la confidentialitĂ©. « Au moins 10 personnes dans ces catĂ©gories », a indiquĂ© Jean-Pierre Farandou sans que ce seuil ne soit prĂ©cisĂ© dans le projet de loi.

L’employeur devra par ailleurs informer chaque annĂ©e les salariĂ©s de l’existence de ce droit. Le non-respect de cette obligation pourra ĂȘtre sanctionnĂ© par une amende allant jusqu’à 450 €.

📌 Sept indicateurs pour remplacer les indicateurs PĂ©nicaud

Le projet confirme Ă©galement la crĂ©ation de nouveaux indicateurs destinĂ©s Ă  mesurer les Ă©carts de rĂ©munĂ©ration entre les femmes et les hommes. « Sept indicateurs voulus par la directive [
] se substitueront aux indicateurs PĂ©nicaud », a indiquĂ© le ministre. Six de ces indicateurs pourront ĂȘtre automatisĂ©s, tandis que le septiĂšme devra ĂȘtre calculĂ© entreprise par entreprise.

Les modalitĂ©s de calcul et les Ă©lĂ©ments de rĂ©munĂ©ration pris en compte seront dĂ©terminĂ©s par dĂ©cret. L’un des nouveaux indicateurs portera sur les Ă©carts de rĂ©munĂ©ration entre les femmes et les hommes dans les catĂ©gories regroupant des salariĂ©s accomplissant un travail Ă©gal ou de valeur Ă©gale. Il sera dĂ©clarĂ© tous les 3 ans dans les entreprises 50 Ă  249 salariĂ©s et tous les ans Ă  partir de 250 salariĂ©s.

Jean-Pierre Farandou a insistĂ© sur la volontĂ© du gouvernement de tenir compte de la situation des petites entreprises : « On a eu aussi le souci d’allĂ©ger la charge des petites entreprises ». Il a ainci dĂ©fendu le choix d’un dispositif applicable Ă  partir de 50 salariĂ©s, tout en prĂ©voyant une frĂ©quence de dĂ©claration plus espacĂ©e pour les plus petites structures.

📌 Le « travail de valeur Ă©gale » davantage encadrĂ©

Le projet de loi prĂ©cise la notion de « travail de valeur Ă©gale ». Outre les compĂ©tences professionnelles mentionnĂ©es dans la prĂ©cĂ©dente version (les compĂ©tences non techniques, les responsabilitĂ©s exercĂ©es, les conditions de travail ainsi que la charge physique ou nerveuse associĂ©e au poste), le projet de loi y ajoute la notion de « compĂ©tences techniques ».

Les catĂ©gories concernĂ©es devront ĂȘtre dĂ©finies par accord d’entreprise ou, Ă  dĂ©faut, par accord de branche. En l’absence d’accord, l’employeur pourra procĂ©der Ă  cette classification par dĂ©cision unilatĂ©rale aprĂšs consultation du CSE, pour une durĂ©e maximale de 3 ans.

Le ministre a toutefois voulu Ă©carter le risque d’une harmonisation des rĂ©munĂ©rations. « Ce n’est pas une pente vers une uniformisation des salaires », a-t-il assurĂ©. Il voit au contraire dans le dispositif « un axe managĂ©rial important ».

Les branches auront 6 mois aprÚs la promulgation de la loi pour engager les négociations nécessaires.

📌 Des mesures correctrices en cas d’écarts injustifiĂ©s

Lorsque les Ă©carts de rĂ©munĂ©ration ne pourront pas ĂȘtre justifiĂ©s par des critĂšres objectifs indĂ©pendants du sexe, l’employeur devra mettre en Ɠuvre des mesures correctrices. Celles-ci passeront par une nĂ©gociation collective ou, Ă  dĂ©faut d’accord, par un plan d’action Ă©laborĂ© aprĂšs consultation du CSE.

Dans les entreprises d’au moins 100 salariĂ©s, si au moins un Ă©cart persiste, une nouvelle nĂ©gociation devra ĂȘtre engagĂ©e. Elle devra alors s’appuyer sur un « rapport d’évaluation conjointe » , non mentionnĂ© dans la prĂ©cĂ©dente version, recensant et analysant les raisons des Ă©carts de rĂ©munĂ©ration et de situation entre les femmes et les hommes. Un dĂ©cret prĂ©cisera notamment le calendrier et le contenu de cette procĂ©dure.

Sauf stipulations prĂ©voyant une durĂ©e infĂ©rieure, l’accord collectif aura une durĂ©e de validitĂ© de 3 ans dans les entreprises d’au moins 250 salariĂ©s.

Il sera dĂ©posĂ© auprĂšs de l’autoritĂ© administrative, laquelle pourra prĂ©senter des observations sur le contenu de l’accord, ou Ă  dĂ©faut, du plan d’action. « Elle envoie simultanĂ©ment copie de ses observations au CSE et aux organisations syndicales reprĂ©sentatives dans l’entreprise ».

Un décret déterminera par ailleurs les modalités de calcul des effectifs à prendre en compte.

À noter : Ă  partir de 100 salariĂ©s, le rĂŽle du CSE sera renforcĂ©. Celui-ci devra ĂȘtre informĂ© et consultĂ© sur les donnĂ©es utilisĂ©es, les modalitĂ©s de calcul et les rĂ©sultats des indicateurs. Son avis devra ensuite ĂȘtre transmis Ă  l’administration.

📌 Une charge de la preuve plus favorable aux salariĂ©s

Le texte renforce Ă©galement les rĂšgles de preuve en matiĂšre de discrimination. Lorsqu’un manquement aux nouvelles obligations de transparence sera dĂ©montrĂ©, le salariĂ© ou le candidat n’aura plus Ă  prĂ©senter les Ă©lĂ©ments laissant prĂ©sumer l’existence d’une discrimination, sauf lorsque le manquement est manifestement non intentionnel et mineur.

📌 Davantage de transparence dùs l’embauche

Comme dans la version prĂ©cĂ©dente, les nouvelles rĂšgles s’appliqueront Ă©galement dĂšs le recrutement. Les employeurs ne pourront plus demander aux candidats des informations sur leur historique de rĂ©munĂ©ration. Les offres d’emploi devront mentionner une estimation du salaire proposĂ© ainsi que les dispositions conventionnelles applicables. À dĂ©faut d’offre formalisĂ©e, ces informations devront ĂȘtre communiquĂ©es par Ă©crit avant ou pendant l’entretien.

Le projet de loi interdit Ă©galement toute clause empĂȘchant un salariĂ© de communiquer des informations relatives Ă  sa rĂ©munĂ©ration.

📌 Jusqu’à 2 % de la masse salariale en cas de rĂ©cidive

Le projet de loi confirme les sanctions administratives en cas de manquement aux obligations dĂ©claratives. L’amende pourra atteindre 1 % de la masse salariale. En cas de rĂ©cidive dans les cinq ans, elle pourra ĂȘtre portĂ©e Ă  2 %.

📌 Une entrĂ©e en vigueur progressive

Le gouvernement prĂ©voit une application Ă©chelonnĂ©e du dispositif. Les principales dispositions entreront en vigueur Ă  une date fixĂ©e par dĂ©cret et au plus tard dans l’annĂ©e suivant la promulgation de la loi.

Certaines obligations bĂ©nĂ©ficieront toutefois de dĂ©lais supplĂ©mentaires. La dĂ©claration du nouvel indicateur relatif aux Ă©carts de rĂ©munĂ©ration entre salariĂ©s exerçant un travail de valeur Ă©gale pourra ainsi ĂȘtre reportĂ©e jusqu’à 3 ans pour les entreprises de 100 Ă  149 salariĂ©s et jusqu’à 6 ans pour celles de 50 Ă  99 salariĂ©s.

Jean-Pierre Farandou a Ă©galement insistĂ© sur le temps laissĂ© aux entreprises pour se prĂ©parer : « On aura un an pour prĂ©parer l’évolution dans les entreprises une fois la loi votĂ©e ».

Le calendrier parlementaire reste toutefois Ă  prĂ©ciser. Le gouvernement entend transmettre le texte au SĂ©nat « d’ici la fin de l’annĂ©e », avant un examen Ă  l’AssemblĂ©e nationale en dĂ©but d’annĂ©e prochaine. L’objectif affichĂ© par le ministre est d’aller au bout de la procĂ©dure « avant la fin de ce mandat », sous rĂ©serve que le calendrier parlementaire le permette.

Enfin, Jean-Pierre Farandou a indiquĂ© que le gouvernement entend poursuivre la concertation sur les textes d’application : « On reprendra du dialogue social dans les dĂ©crets pour les ciseler pour la bonne application ».


đŸ‘©đŸ»â€đŸ’» Postures sĂ©dentaires au travail : quels risques et comment agir ?

📱 L’INRS a publiĂ© des conseils sur les postures assises prolongĂ©es, associĂ©es Ă  une trĂšs faible dĂ©pense Ă©nergĂ©tique.

Pour agir, les entreprises doivent d’abord identifier les situations exposant les salariĂ©s Ă  partir de deux critĂšres conjoints :

🕒 une posture assise (ou allongĂ©e) maintenue dans le temps ;

đŸȘ« une trĂšs faible dĂ©pense Ă©nergĂ©tique.

Les priorités de prévention sont doubles :

⏞ interrompre les postures sĂ©dentaires, idĂ©alement toutes les 30 minutes ;

🚧 limiter leur durĂ©e cumulĂ©e quotidienne, idĂ©alement Ă  moins de 5 heures par jour.

Il s’agit alors de favoriser l’alternance des postures et d’induire du mouvement au cours de la journĂ©e de travail. Il n’existe pas de posture idĂ©ale : la variation est la clĂ© de la prĂ©vention.

💡 Postures sĂ©dentaires au travail : quels leviers d’action ?

Plusieurs leviers peuvent ĂȘtre mobilisĂ©s en matiĂšre de prĂ©vention.

  • Organisation du travail

Alterner les tĂąches pour varier les postures.

Permettre des pauses actives réguliÚres.

  • AmĂ©nagement des espaces de travail

Concevoir des salles de rĂ©union favorisant l’alternance assis/debout.

Éloigner certains Ă©quipements (imprimantes, photocopieurs) des postes de travail.

Aménager des espaces de convivialité au mobilier adapté.

  • AmĂ©nagement des postes de travail

Installer des bureaux Ă  hauteur variable.

Proposer des Ă©quipements permettant d’ajouter une activitĂ© physique lĂ©gĂšre.

  • Information et formation

Sensibiliser dirigeants, préventeurs et salariés.

Inciter à interrompre réguliÚrement les périodes prolongées en posture assise.



Merci et bonne lecture

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