🚹 Actu juridique RH du 6 novembre 2026

Nous vous présentons les nouveautés juridiques et RH de cette semaine.

Actu RH
4 min ⋅ 06/11/2026

💡 Index de l’égalitĂ© professionnelle : calcul et questions/rĂ©ponses

Toutes les entreprises d’au moins 50 salariĂ©s doivent calculer et publier leur Index de l’égalitĂ© professionnelle entre les femmes et les hommes, chaque annĂ©e au plus tard le 1er mars.

Elles doivent Ă©galement communiquer leurs rĂ©sultats ainsi que leurs modalitĂ©s de publication au comitĂ© social et Ă©conomique et transmettre ces informations Ă  l’administration.

Dans l’attente de l’entrĂ©e en vigueur des futures obligations issues de la directive transparence salariale, l'Index de l'Ă©galitĂ© professionnelle est maintenu en 2027. Ses modalitĂ©s de dĂ©claration demeurent inchangĂ©es.


🚹 Licenciement : l'inaptitude mĂ©dicale change la donne !

▶ Dans un arrĂȘt du 21 octobre 2026, la Cour de cassation rappelle un principe essentiel, dĂšs lors qu'un salariĂ© a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© inapte par le mĂ©decin du travail, l'employeur ne peut plus le licencier pour un autre motif, notamment disciplinaire.

⚠Cette rĂšgle s'applique mĂȘme lorsqu'une procĂ©dure de licenciement a Ă©tĂ© engagĂ©e avant l'avis du mĂ©decin du travail.

Dans cette affaire, l'employeur avait initié une procédure de licenciement avant que la salariée ne soit déclarée inapte.

Pour la Cour de cassation, cette circonstance est sans incidence, l'employeur devait respecter les rÚgles spécifiques au licenciement pour inaptitude.

📌 Ainsi, peu importe les griefs reprochĂ©s au salariĂ© ou l'existence d'une procĂ©dure dĂ©jĂ  engagĂ©e, l'avis d'inaptitude fait obstacle Ă  tout licenciement fondĂ© sur un autre motif.

Référence : Cass. soc. 21 octobre 2026 n° 25-12.144


❓ PrĂ©voyance : quel rĂ©gime s’applique si l’employeur a mis en place un rĂ©gime par dĂ©cision unilatĂ©rale alors que la convention collective en prĂ©voit aussi un ?

👉 RĂ©ponse : il faut appliquer le plus favorable.

âžĄïžLe caractĂšre plus avantageux doit ĂȘtre apprĂ©ciĂ© globalement pour l'ensemble du personnel, avantage par avantage.

Les diffĂ©rents risques garantis par un rĂ©gime de prĂ©voyance ayant nĂ©cessairement la mĂȘme cause

💡Pour dĂ©terminer le rĂ©gime le plus favorable, il faut donc faire une apprĂ©ciation globale des 2 rĂ©gimes, y compris les prestations servies et leurs conditions d'attribution, pour l'ensemble des risques garantis

Référence : Cass. soc. 4 novembre 2026 n° 25-17.982


đŸ‘¶ CongĂ© supplĂ©mentaire de naissance : l’employeur doit-il maintenir la mutuelle ?

AprĂšs avoir affirmĂ© que l’employeur devait continuer Ă  financer la complĂ©mentaire santĂ© du salariĂ© pendant le congĂ© supplĂ©mentaire de naissance, le ministĂšre du travail rectifie sa position.

Le ministùre revient sur l’obligation de maintenir la contribution patronale

Le congĂ© supplĂ©mentaire de naissance, créé par la loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale pour 2026 et entrĂ© en vigueur le 1er juillet 2026, permet Ă  chaque parent de bĂ©nĂ©ficier d’un ou de deux mois de congĂ© en complĂ©ment du congĂ© de maternitĂ©, de paternitĂ© et d’accueil de l’enfant ou d’adoption. Il est indemnisĂ© par la sĂ©curitĂ© sociale et entraĂźne la suspension du contrat de travail (C. trav. art. L 1225-46-2).

La question du sort de la complĂ©mentaire santĂ© pendant cette suspension a rapidement suscitĂ© des interrogations. Dans une question Ă©crite publiĂ©e le 1er septembre 2026, le dĂ©putĂ© Pierrick Courbon avait notamment attirĂ© l’attention du ministre du travail sur le risque de suspension de la mutuelle Ă  une pĂ©riode oĂč les besoins de santĂ© du foyer peuvent ĂȘtre importants (Question Ă©crite no 17917, JOAN 1-9-2026).

Dans sa rĂ©ponse publiĂ©e le 29 septembre, le ministĂšre avait d’abord considĂ©rĂ© que l’entreprise restait tenue de verser sa contribution habituelle Ă  la complĂ©mentaire santĂ© pendant le congĂ© supplĂ©mentaire de naissance, en se fondant, semble-t-il, sur l’article L 1225-46-3 du Code du travail aux termes duquel le salariĂ© conserve le bĂ©nĂ©fice des avantages acquis avant le dĂ©but du congĂ© (RĂ©p. min. no 17917, JOAN 29-9-2026).

Cette interprétation avait toutefois immédiatement soulevé des réserves. Elle paraissait notamment difficilement conciliable avec la doctrine de la sécurité sociale applicable aux périodes de suspension du contrat de travail.

Le BOSS lie en effet le maintien obligatoire des garanties de protection sociale complĂ©mentaire pendant une suspension du contrat Ă  l’existence d’un maintien total ou partiel de salaire, d’indemnitĂ©s journaliĂšres complĂ©mentaires financĂ©es au moins pour partie par l’employeur ou d’un revenu de remplacement versĂ© par celui-ci ( BOSS-PSC- 1450).

Or, en principe, le salariĂ© en congĂ© supplĂ©mentaire de naissance est indemnisĂ© par la sĂ©curitĂ© sociale et ne bĂ©nĂ©ficie pas d’un maintien de salaire, sauf dispositions conventionnelles ou dĂ©cision plus favorables de l’entreprise (C. trav. art. L 1225-46-2 s.).

🎯Le ministĂšre a finalement rectifiĂ© sa rĂ©ponse le 20 octobre 2026. Il prĂ©cise dĂ©sormais que la contribution habituelle Ă  la complĂ©mentaire santĂ© ne doit ĂȘtre maintenue pendant la suspension que s’il existe un maintien de salaire ou des indemnitĂ©s journaliĂšres complĂ©mentaires financĂ©es au moins en partie par l’employeur ( RĂ©p. min. no 17917, erratum publiĂ© au JOAN du 20-10-2026).

Cette rectification aligne ainsi la position ministérielle sur les rÚgles dégagées par la doctrine de la sécurité sociale pour les garanties de protection sociale complémentaire pendant les périodes de suspension du contrat de travail.

En l’absence de financement patronal du congĂ©, les garanties peuvent-elles tout de mĂȘme ĂȘtre maintenues ?

L’absence de financement patronal du congĂ© ne signifie pas nĂ©cessairement que toute couverture doit disparaĂźtre pendant celui-ci.

Dans cette hypothĂšse, le sort des garanties doit d’abord ĂȘtre recherchĂ© dans les textes qui organisent le rĂ©gime dans l’entreprise : d’une part l’acte juridique instituant les garanties (convention collective, accord collectif ou dĂ©cision unilatĂ©rale dite DUE) et d’autre part, le contrat conclu avec l’organisme assureur.

Si les textes organisent les périodes de suspension du contrat.

Ces textes peuvent prĂ©voir des modalitĂ©s de maintien des garanties en cas de suspension du contrat de travail non indemnisĂ©e par l’employeur. La direction de la sĂ©curitĂ© sociale admet en effet que, dans cette situation, le maintien des garanties de protection sociale complĂ©mentaire ne remet pas en cause le caractĂšre collectif du rĂ©gime (BOSS-PSC-1550).

Il convient alors de se conformer aux stipulations de ces textes.

Si les textes n’organisent pas les pĂ©riodes de suspension du contrat

Si ces textes sont silencieux ou limitent le maintien des garanties aux pĂ©riodes de suspension donnant lieu Ă  un maintien de salaire ou Ă  une indemnisation patronale, l’entreprise n’a pas d’obligation de maintenir les garanties pendant le congĂ© supplĂ©mentaire de naissance.

Une telle situation peut nĂ©anmoins ĂȘtre inconfortable pour le salariĂ©, Ă  une pĂ©riode oĂč il risque davantage d’ĂȘtre confrontĂ© Ă  des frais de santĂ©. Sans compter les consĂ©quences Ă  long terme pour l’intĂ©ressĂ© si un sinistre relevant de la prĂ©voyance lourde survenait pendant le congĂ© sans ĂȘtre pris en charge par le rĂ©gime.

Pour Ă©viter de tels dĂ©sagrĂ©ments, l’entreprise peut dĂ©cider de faire Ă©voluer les textes organisant le rĂ©gime obligatoire afin de maintenir la couverture pendant le congĂ© supplĂ©mentaire de naissance.

Pour les entreprises souhaitant neutraliser le coĂ»t de l’opĂ©ration pour leurs finances, il semble possible, au lieu de modifier le rĂ©gime obligatoire, de mettre en place, pour la durĂ©e du congĂ©, un rĂ©gime facultatif permettant au salariĂ© d’opter pour le maintien de sa couverture en prenant Ă  sa charge la totalitĂ© de la cotisation, c’est-Ă -dire aussi bien la part qu’il supporte habituellement que celle normalement financĂ©e par l’employeur.

La mise en place d’une telle option facultative suppose nĂ©anmoins :

  • de prendre attache auprĂšs de l’assureur pour l’organiser (le cas Ă©chĂ©ant, aprĂšs avoir modifiĂ© le contrat d’assurance existant) ;

  • d’informer clairement le salariĂ©, avant son dĂ©part en congĂ© de naissance, du coĂ»t total de la couverture, de sa durĂ©e, des modalitĂ©s de paiement et des consĂ©quences d’un dĂ©faut de paiement ;

  • et de proposer cette option dans les mĂȘmes conditions aux salariĂ©s placĂ©s dans une situation comparable afin de prĂ©venir tout risque de rupture d’égalitĂ© de traitement. Par ailleurs, lorsque le salariĂ© choisit de maintenir sa couverture en prenant Ă  sa charge l’intĂ©gralitĂ© de la cotisation, y compris la part habituellement financĂ©e par l’employeur, aucun financement patronal n’intervient pendant la pĂ©riode considĂ©rĂ©e. Les sommes correspondantes constituent alors des cotisations personnelles dont le rĂ©gime au regard de l’impĂŽt est incertain. En effet, la dĂ©ductibilitĂ© prĂ©vue par l’article 83, 1o quater du CGI en faveur des contributions de prĂ©voyance Ă©tant rĂ©servĂ©e aux cotisations versĂ©es dans le cadre de rĂ©gimes collectifs et obligatoires, son application Ă  un maintien facultatif des garanties intĂ©gralement financĂ© par le salariĂ© ne paraĂźt pas assurĂ©e. D’autant que la non-dĂ©ductibilitĂ© des cotisations de prĂ©voyance acquittĂ©es auprĂšs d’un rĂ©gime ne prĂ©sentant pas un caractĂšre obligatoire pour les salariĂ©s est constamment confirmĂ©e par l’administration (notamment : RĂ©p. Marcellin : AN 8-6-1987 no 15968 ; RĂ©p. Houbron : AN 31-12-2019 no 21014).

Dans tous les cas, il est recommandĂ© d’informer le salariĂ©

Soulignons pour terminer que, quelles que soient les modalitĂ©s prĂ©vues par les textes rĂ©gissant les garanties de protection sociale complĂ©mentaire dans l’entreprise, il est recommandĂ© de porter celles-ci Ă  la connaissance du salariĂ© avant la prise de son congĂ© supplĂ©mentaire de naissance. D’autant plus si ces garanties ne sont pas maintenues pendant ce congĂ©. La jurisprudence est en effet vigilante quant au respect de l’employeur de son obligation d’information et de conseil.


Merci et bonne lecture

Actu RH